Ouilly-le-Vicomte

 

 

De part et d'autre de la Touques :

Ouilly-le-Vicomte s'étend sur la rive gauche de la Touques, jusqu'à la D45 (route de Lisieux à Annebault)


Sur Google Maps

 

Eglise Notre-Dame

Xe, XIe siècle, MH, wikipedia

"une des églises les plus anciennes de tout l'arrondissement de Lisieux. En préciser la date est difficile : elle présente cependant des caractères que l'on retrouve aux églises de Savenières, près Angers, de Grenoux, près Laval, de St.-Martin d'Angers, que l'on regarde comme des VIIe., VIIIe. ou IXe. siècles ; elle offre aussi de grands rapports avec celle de Vieux-Pont-en-Auge, que l'on reporte à ces siècles reculés.
Cette église est située dans la vallée, sur les bords d'un ruisseau, non loin de la rivière de Touque. Elle fut assise sur l'ancien chemin de Pont-l'Évêque, que l'on a quelques raisons de regarder comme étant d'origine romaine, et dont le chemin de fer a usurpé l'emplacement dans un grand nombre d'endroits...

Le plan fait voir sa disposition et ses proportions : la nef mesure 51 pieds sur 28 dans oeuvre; le choeur, y compris l'arc triomphal, 25 pieds sur 18. Cependant, si l'on distrait de ce dernier l'arc triomphal et le grand bandeau ou arc de décharge qui l'accompagne, on trouvera que la travée du choeur forme un carré presque parfait. Il est bon de faire cette remarque, car il en est ainsi dans toutes les églises romanes réputées les plus anciennes.

Le mur du nord de la nef est reconstruit à neuf. Il avait perdu son aplomb par suite de la destruction des poutres de la charpente apparente. C'est le résultat auquel il faut toujours s'attendre en pareil cas ; nous en trouverons bien d'autres exemples. Cette destruction est fort à la mode parmi les curés, malgré ses conséquences déplorables. Le portail, le mur du midi et le choeur tout entier ont conservé leur appareil primitif : c'est un blocage irrégulier ; cependant on retrouve, dans la disposition des moellons, des réminiscences du petit appareil cubique des Humains ; quelques parties sont disposées en arêtes de poisson; mais ce qu'il y a de bien caractéristique, ce sont les nombreuses briques longues que l'on trouve dans tout cet appareil. Au portail et au mur laléral de la nef, leur emploi n'est pas régulier; mais, au choeur, c'est par lignes horizontales qu'elles sont disposées, comme dans les monuments romains. Si l'on veut supposer, contre l'antiquité de l'église, que ce sont des briques arrachées à quelque ruine du voisinage, il faut convenir néanmoins qu'à cette époque les ouvriers n'avaient point encore perdu les notions de construction introduites par les conquérants de la Gaule et que l'on voit continuées dans les grands monuments carlovingiens. Toutes les ouvertures sont modernes, excepté une petite fenêtre pratiquée dans le contrefort central du chevet, qui date de la construction primitive. La démolition de la sacristie, qui obstruait cette partie, a permis à M. Bouet d'en faire un dessin qui montre aussi le système bien caractérisé de la construction.

Comme indice de haute antiquité, on peut faire remarquer aussi le peu d'inclinaison des toits. On suit encore sur les pignons les traces de ses triangles obtus. C'est une disposition évidemment originaire du Midi, qui serait une cause de destruction des édifices dans nos pays dont les pluies et les neiges abondantes requièrent des toitures plus rapides. Aussi celles-ci ont-elles été exhaussées par la suite, vers le XVIe. siècle, je crois.
Un porche considérable, de forme irrégulière, protège la porte d'entrée, pratiquée dans le pignon occidental au XVIe. siècle seulement. Auparavant elle s'ouvrait à l'extrémité du mur du sud : on distingue encore dans la maçonnerie une partie des claveaux. Le porche est encore en partie pavé de carreaux éinaillés." (A de Caumont 5-2)

Sur D159, direction Coquainvilliers : 49°10'43.4"N 0°13'03.5"E

Ouilly-le-Vicomte : Eglise Notre-Dame

Ouilly-le-Vicomte : Eglise Notre-Dame

Ouilly-le-Vicomte : Eglise Notre-Dame

Ouilly-le-Vicomte : Eglise Notre-Dame

Ouilly-le-Vicomte : Eglise Notre-Dame


Photos sur Base Mérimée

 

Châteaux et manoirs

Au nord : Château de Boutemont, Ferme de la Vallée (invisible)
Au centre : l'église (en direction de la Touques)
Au sud : le Château des Mathurins (à droite de la route de Lisieux) ; le Manoir des Mathurins et le Manoir des Parcs (à gauche de la route de Lisieux)


Sur Geoportail

 

Château des Mathurins

On l'appelle aussi Château d'Ouilly.
Il en manque une partie par rapport aux anciennes cartes postales.

Sur D579, route de Lisieux : 49°10'06.6"N 0°13'47.1"E

Photos prises sur la D159 : 49°10'18.3"N 0°12'26.6"E

Ouilly-le-Vicomte : Château d'Ouilly

Ouilly-le-Vicomte : Château d'Ouilly


Sur Delcampe

 

Manoir des Mathurins

XVIe siècle. MH. wikipedia

"La terre seigneuriale d'Ouillie ne devait point être considérable, car le territoire de la paroisse était couvert de domaines ecclésiastiques. L'abbaye de St.-Désir, la Maison-Dieu et les Lépreux y reçurent une donation de Raoul Le Carpenlier en 1217. Il y avait trois prébendes du Chapitre de Lisieux : la Pluvière, à qui appartenait le patronage, le Val-au-Vigneur, le Pré.
Je n'ai pu retrouver avec certitude la situation d'aucun de ces domaines, et l'on ne connaît aucun manoir ou constructions anciennes, si ce n'est un édifice assez singulier construit sur le bord de l'ancien chemin d'Honfleur, entre la ville et l'église. L'extérieur ne présente aucune ouverture ancienne ; c'est un long mur construit en échiquier de pierres et de briques, jusqu'à l'étage supérieur qui est en bois. A l'intérieur, c'est-à-dire du côté du jardin, il se compose, comme le fait voir le dessin de deux pavillons reliés ensemble par une, galerie ouverte.
Cette galerie comprend onze travées, soutenues par des piliers de bois taillés en forme de colonnes ioniques. Les pavillons sont en moellon au rez-de-chaussée, puis en bois avec tuiles formant dessins dans l'entrecolombage. Sur l'une des lucarnes, comme à la pointe du grand comble, sont des épis de terre émaillée polychromes ; l'un d'eux se compose d'un vase de fruits surmonté d'une colombe ; l'autre représente des guirlandes et des bouquets de fleurs et de fruits entremêlés de croissants. Sans attacher une trop grande importance à la présence de ces croissants, il est bon de remarquer cependant que cette construction paraît dater du règne d'Henri II ou d'une époque voisine. On ne lui connaît point de nom." (A de Caumont 5-8)

Chemin de la Planche aux Hares : 49°10'11.0"N 0°13'25.9"E


Photos sur Base Mérimée

 

Chapelle Saint-Gatien

Décrite par Arcisse de Caumont :

"Des titres de 1595 parlent d'une chapelle de St.-Gatien située à Ouillie. Elle existe encore, mais sa construction ne date que de la fin du XVIIIe. siècle. Elle est placée sur la rive gauche de la Touque, au haut des coteaux du Mesnil-Asselin." (A de Caumont 5-10)

D159 puis Chemin du Mesnil-Asselin : 49°09'57.8"N 0°12'04.1"E

Lieu dit "Saint-Gratien" sur Geoportail

 

Manoir des Parcs

XVIIIe siècle.

"Le Manoir des Parcs est un manoir du XVIIIème siècle. Ancienne résidence des Évêques-Comtes de Lisieux, ce superbe bâtiment bénéficie d’un cadre raffiné avec son parc de 2,9 hectares donc certains arbres ont plus de 250 ans." (lisieux-tourisme.com)

Site officiel (attention au son !)
http://lemanoirdesparcs.eu

Sur D579, route de Lisieux : 49°10'18.7"N 0°13'29.1"E


Sur lemanoirdesparcs.eu

 

Camp romain du Mont-Hélery

"Les Romains ont laissé des traces de leur passage sur le territoire de cette paroisse. On y voit encore, sur la rive gauche de la Touque, un camp retranché. dont il est fait mention en ces termes dans le Cours d'antiquités :
« Camp du Mont-Hélery, sur la Touque.— Le petit camp d'Ouillie, sur le bord de la Touque, à une lieue de Lisieux, est construit d'après le même système que ceux de Castillon et d'Escures, près Bayeux. C'est une pointe escarpée, entourée de vallons de deux côtés et défendue, du côté des terres, par un fossé et un retranchement assez élevé. On domine de là sur toute la vallée jusqu'à Pont-l'Évêque, et l'on ne peut douter que ce poste n'ait été établi pour surveiller cette fertile contrée, qui devait être exposée aux incursions des pirates. » (Cours d'antiquités monumentales, t. II, p. 323.)." (A de Caumont 5-2)

 

Bouttemont

En 1824, Ouilly-le-Vicomte (339 habitants en 1821) absorbe celle voisine de Bouttemont (94 habitants), au nord de son territoire.
En 1960, Ouilly-le-Vicomte reprend une partie de la commune de Saint-Jacques dont le territoire communal est aussi réparti entre les communes de Beuvillers, Hermival-les-Vaux, Lisieux et Rocques

"L'église et le château de Bouttemont s'élevaient sur la rive droite de la rivière de Touque, au pied du coteau sinueux qui circonscrit la vallée. L'église a disparu; on retrouve à peine quelques restes de son mobilier épars dans les églises voisines. C'était d'ailleurs une construction fort peu importante...

Comme circonscription civile, Bouttemont n'a pas non plus une grande antiquité. Aux XVe. et XVIe. siècles, c'était une annexe de la paroisse de Norolles; c'est encore au XVIIIe. siècle seulement qu'elle figure comme paroisse, dépendant de la sergenterie de Moyaux, élection de Lisieux. On y comptait 10 feux. Elle a perdu de nouveau cette prérogative, seulement c'est Ouillie et non Norolles qui s'est accru de son territoire." (A de Caumont 5-10)

 

Château de Bouttemont

XVIe, MH, wikipedia. Sur Base Mérimée - Autres photos sur Base Mérimée

"Boutemont (ou Bouttemont) était un fief important qui relevait de la baronnie de Fauguernon. Il possédait une place forte, dont la motte de terre se voit encore aujourd’hui, à peu de distance du château actuel. Cette motte féodale, placée à la base du coteau, était une place forte de la vallée, ce qui atteste une haute antiquité. Dans le Pays d’Auge, un très grand nombre de fortifications sont implantées au fond des vallons. La « motte » de Boutemont commandait la vallée de la Touques et assurait le contrôle de la route de Lisieux à Pont-l’Evêque qui passait à sa base… Non loin de cette motte, tout près du château actuel, s’élevait l’église paroissiale de Boutemont dédiée à Saint Lubin..." (ouillylevicomte.com)

"Le château subsiste encore, du moins dans sa plus grande partie. Des fossés, qu'alimentaient autrefois les eaux d'un petit ruisseau, forment une enceinte à peu près carrée. Les bâtiments étaient distribués de manière à laisser une cour intérieure. Ceux qui garnissaient le côté voisin de la vallée ont disparu. L'entrée regarde le nord. C'est un gros pavillon dont la base est construite en pierre de taille ; l'étage supérieur est en briques avec chaînes de pierre. Un pont de maçonnerie, jeté sur le fossé, conduit à la porte cintrée, qu'accompagne une petite poterne fort étroite. Ce pont a remplacé un pont-levis, et l'on voit encore dans les murs les Irois enrayures destinées au passage des chaînes...
A droite et à gauche s'étendent des bâtiments moins élevés, construits simplement en blocage sans ouvertures. Les angles sont occupés par deux tourelles cylindriques à toit conique.
La partie orientale, qui fait face au coteau, n'offre aucun vestige d'ornementation. Elle était longée autrefois par l'ancien chemin de Lisieux à Honfleur...
Ce sont les bâtiments du midi qui, à l'extérieur, offrent le plus d'intérêt. Ils paraissent plus anciens que les autres: peut-être pourraient-ils remonter jusqu'au XVe. siècle..."
(A de Caumont 5-11)

A l'ouest de D579A, route de Deauville : 49°11'21.2"N 0°13'18.6"E (Invisible)


Voir aussi sur J.Y. Merienne


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Liens :

 

Voir aussi l'ouvrage de Philippe Déterville : Ouilly-le-Vicomte, hier et aujourd’hui
"... le château des Mathurins, celui de Boutemont et ses magnifiques jardins, les manoirs de la Planche aux Hards, des Mathurins, de la Coudrairie et du Parc.

http://www.societehistoriquedelisieux.fr/?p=6671