Courcy

 

 

Arrivée de Tôtes par la D251 (48°58'14.9"N 0°02'25.9"W)

Courcy : le Château et l'église

A l'écart des grands axes de communication, la commune conserve en son sein un patrimoine architectural exceptionnel...

Courcy

 

Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais

XIIe, XVIIIe siècles. Chœur aux MH, wikipedia

"L'église de Courcy est de deux époques.
Le choeur seul offre de l'intérêt : il est de transition.
Le chevet est orné de deux étages d'arcatures ; les premières, à plein cintre au nombre de quatre ; les secondes, au nombre de sept et en ogive : ces ogives sont dessinées par l'intersection de plusieurs cintres qui se croisent et s'enlacent.
Cet ornement se voit rarement dans le Calvados, nous ne l'y avons remarqué que trois ou quatre fois." (A de Caumont 2-368)

L'antiquaire anglais Bentham avait prétendu que l'arcade en ogive avait été produite d'abord par cette combinaison du cintre, qu'elle avait plu, et qu'ensuite elle avait été adoptée par tous à la fin du XIIe. siècle.
On sait maintenant combien cette idée est peu fondée, la forme de l'ogive est évidemment très ancienne et les intersections dont on a fait usage comme ornement, ont paru longtemps après que la forme ogivale se rencontrait dans les arcades des monuments romans.
Quoi qu'il en soit, cette combinaison, quand elle existe, mérite d'être notée et c'est une des causes qui nous ont déterminé à figurer le chevet de l'église de Courcy, en supprimant toutefois la sacristie moderne qu'on y a appliquée et qui cache une grande partie des arcatures inférieures.

Le choeur de Courcy est voûté en pierre avec arceaux croisés garnis de gros tores ; deux fenêtres à plein-cintre, s'ouvrent dans les murs latéraux. De curieux chapiteaux romansse voient dans lechoeur, l'un d'eux est orné de bandellettes enlacées.
On voit du côté de l'évangile les restes d'une niche décorée dans le style de la renaissance : un tombeau ou une stalle seigneuriale existait probablement à cette place.
Du côté de l'épître est une crédence à double piscine, du XIIIe. siècle.
L'archivolte de l'arcade du choeur est ornée de losanges.

"La nef tomba, dit-on, il y a plus de cent ans; elle a été relevée, en grande partie, au XVIIIe siècle: percée de fenêtres carrées, elle n'offre aucun intérêt. Quelques parties des anciens murs peuvent avoir été conservées dans cette reconstruction.
La tour, placée à l'ouest, est moderne, couverte d'une espèce de coupole en charpente et en ardoise, surmontée d'une lanterne. La porte par laquelle on entre dans la nef, en passant sous cette tour, est à plein cintre, ornée de moulures en losanges ; elle a été vraisemblablement imitée de l'ancien portail qui existait au moment de la reconstruction de la nef." (A de Caumont 2-370)

"Près de l'autel St.-Léonard, placé à l'extrémité de la nef, à gauche de l'arcade du choeur, est une chaîne en fer, objet de vénération dans les environs. On croit qu'en y attachant les enfants perclus et languissants, ils peuvent être guéris par l'intercession du saint. On y vient de 7 à 8 lieues à la ronde en pèlerinage.
On rapporte que la chaîne de St.-Léonard était autrefois en argent (ce qui paraît peu probable), qu'elle datait du temps des croisades, et qu'elle aurait été apportée de la Terre Sainte et donnée à l'église par les sires de Courcy."

"Nous avons figuré un animal assez curieux (lion ou tigre) qui surmonte le pignon du chevet, au-dessus du toit; il a la tête tournée vers l'est et le cou garni d'un collier de perles et de dentelures ; il remonte évidemment au XIIe. siècle." (A de Caumont 2-370)

Sur D251 : 48°58'18.8"N 0°02'37.7"W

Courcy : Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais

Courcy : Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais - Courcy : Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais

Le choeur (au fond) est la partie la plus ancienne.

Courcy : Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais

Courcy : Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais

Courcy : Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais


Sur Google Street View

Courcy : Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais

Courcy : Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais - Courcy : Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais

Courcy : Eglise Saint-Gervais-Saint-Protais

 

A vérifier :

Croix incrustée depuis 1755 : mapio.net

 

Presbytère

XVIIIe siècle. Sur Base Mérimée

Emplacement inconnu. Je doute que ça soit le presbytère de Courcy.


Sur Base Mérimée

 

Château de Courcy

XIIe, XIIIe siècles. MH, wikipedia. Vestiges. Sur Base Mérimée
"Château fort construit par le Teuton Baudric sous Richard II vers 1030 (opus spicatum) ; enceinte renforcée au 13e siècle ; chapelle Saint-Ferréol mentionnée en 1011 ; détruite au 18e siècle (pierre de consécration remployée dans la grange de la basse cour) ; chapelle Sainte-Catherine 11e siècle ; porte de la chapelle 15e siècle ; grange aux dîmes 16e siècle"

" Le château de Courcy était considérable ; il ne reste plus que l'enceinte centrale dont nous donnons un petit plan et une jolie vue prise à vol d'oiseau par M. Victor Petit, et quelques restes de la seconde enceinte.
L'enceinle centrale se composait de murs formant à peu près un carré, flanqués de tours rondes et défendus en outre par des fossés pleins d'eau, et peut-être du côté du nord par une pièce d'eau qui aurait occupé une partie du parc attenant aux murailles. Un ruisseau et une belle fontaine alimentent encore une partie des fossés. On distingue, au sud, la porte d'entrée flanquée de deux tours, c'est de là que M. Victor Petit a pris la vue ci-jointe ; une porte plus petite devait exister du côté du nord à peu près en regard de la précédente." (A de Caumont 2-372)

Chateau de Courcy : Arcisse de Caumont

La partie nord et nord-est de cette enceinte est celle dont les murs offrent le plus de caractères, c'est là, je pense, qu'était le donjon ou la principale habitation du seigneur. On y voit encore des salles voûtées à plein cintre et des portions de murs en arrête de poisson : un petit oratoire dédié à sainte Catherine existe aussi dans cette partie : il se trouve à l'extrémité d'une pièce qui était autrefois beaucoup plus longue et devait être la chapelle du château. On a retouché l'entrée de cette chapelle au XVe. siècle, mais le reste en est bien roman.
Cette chapelle aurait-elle remplacé l'église St.-Féréol, dont je parlais tout-à-l'heure, c'est ce que je ne saurais dire.
Le reste de l'enceinte, construit en moellons plats en couches horizontales, paraît être beaucoup moins ancien, et appartient, je crois, à la période ogivale : les murs ont 5 pieds environ d'épaisseur." (A de Caumont 2-374)

"La seconde enceinte est très apparente par les mouvements de terrain qui indiquent la direction des fossés, mais les murs et les tours ont été détruits à la fin du siècle dernier, dit-on. La porte d'entrée existe seule : c'est une grande ogive de 15 pieds d'élévation, portant une coulisse pour la herse et qui doit dater du XIIIe. siècle ; les maisons du fermier sont placées clans cette seconde cour.
Une dernière enceinte devait enclore le village et l'église ; elle était simplement défendue par des fossés et non murée : il n'en reste plus de vestiges, seulement les habitants se souviennent d'en avoir entendu parler à leurs pères." (A de Caumont 2-374)

"Les ruines du château de Courcy et le domaine qui en dépend, appartiennent à M. le Mis. d'Oilliamson," (A de Caumont 2-378)

Sur D251, direction Tôtes : 48°58'15.3"N 0°02'28.1"W

Château de Courcy

Château de Courcy

Château de Courcy

Sur le plan suivant, on voit l'emplacement de la chapelle et des enceintes :


Sur Base Mérimée

 

Chapelle Sainte-Catherine :

XIIe siècle.

"Chapelle du château. Il existait, au XIe. siècle, dans le château de Courcy une église de St.-Féréol. Celle qui existe aujourd'hui et dont nous allons parler, est dédiée à sainte Catherine." (A de Caumont 2-372)

 


Sur Base Mérimée

 

Deuxième portail du château

Le château de Courcy était constitué de deux enceintes

Sur D251 : 48°58'13.1"N 0°02'18.8"W

Château de Courcy

Château de Courcy

 

Famille de Courcy

"Les Courcy sont une famille de grands barons normands, compagnons de Guillaume le Conquérant et sénéchaux de Normandie. Leur château d'origine subsiste à Courcy près de Falaise (Calvados), ainsi que le prieuré de Perrières fondé par eux. Fieffés au début du XIe siècle dans le Calvados et l'Orne, ils ont progressivement étendu leurs possessions à la Manche, la Seine-Maritime, l'Eure et l'Angleterre.
- Les barons de Courcy
- La branche de Bourg-Achard, Jean de Courcy
- La branche de Magny-la-Campagne
- La branche du Plessis et de Roys
- La branche anglaise"
(wikipedia)

 

Baronnie de Courcy

"Un très grand nombre de fiefs relevaient de la baronnie de Courcy, et les seigneurs siégeaient à l'échiquier de Normandie.
Richard de Courcy fut un des barons qui accompagnèrent Guillaume à la conquête de l'Angleterre en 1066, il reçut en récompense des biens considérables dans le comté de Sommerset et sa baronnie dans ce pays prit le nom de Stoke Courcy. Ce fut, comme nous l'avons vu, le fondateur du prieuré de Perrières. Son nom paraît d'ailleurs dans diverses chartes souscrites en faveur de plusieurs autres établissements religieux, tels que les abbayes de St.-Etienne et de Ste.-Trinité de Caen, du Plessis-Grimoult, etc., etc.

 

Siège de Courcy en 1091 :

Le fait d'armes le plus important qui se rattache au château de Courcy est le siège qu'il soutint en 1091 : : Orderic Vital nous fournit sur ce siège des détails tellement circonstanciés que nous allons transcrire textuellement son récit, il faut d'abord que l'on sache dans quelle position se trouvaient les seigneurs de Courcy, relativement à la famille de Bellême : Robert de Bellême aspirait à dominer le pays, et la faiblesse du duc Robert, qui gouvernait la Normandie, était bien propre à l'enhardir dans ses projets ambitieux ; le duc eut même l'inconcevable complaisance, lui qui devait maintenir la paix entre ses barons, de prendre parti pour les Bellême contre les barons de Courcy, mais laissons parler Orderic Vital. (voir siège de Courcy.txt) (A de Caumont 2-375)

"1092 : janvier. Le duc Robert II assiège, mais ne prend pas Courci-sur-Dive, place forte alors, au secours de laquelle accourt Ivon de Grenteménil, fils de Hugues, et qui fut pris par les assiégeans qui lui firent éprouver une rude captivité." (Histoire de Lisieux – Louis François Du Bois - p 95)

 

Voir aussi :

- Maisons et fermes sur Base Mérimée

- Bâtiments sur Base Mérimée

 

 

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